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"Dirty Sexy Valley", l'anti-Despentes — ctrl-X

« Dirty Sexy Valley », l’anti-Despentes

par Renaud Barse

J’ai eu une bonne idée en lisant Dirty Sexy Valley, d’Olivier Bruneau.

Cette histoire de touristes-campeurs violés, torturés et zigouillés par une famille de cinglés qui habitent un trou paumé des Etats-Unis, a égayé mon été. Dès le début de la lecture, je me mets dans la peau du voyeur cruel et j’attends fébrilement les horreurs et les cochonneries promises sur la quatrième de couverture.

Je pense naturellement au film de Boorman, Délivrance, avec sa forêt, la famille de rednecks dégénérés, le sexe malsain. Mais très vite il se dégage autre chose du livre, un je-ne-sais-quoi de comique et de rassurant, quelque chose qui nous sauve du réel.

On est dans le paroxysme du genre, on patauge dans tous les clichés de l’horreur et du sexe, on connaît tous ces codes par cœur, et cette surenchère fait du bien parce qu’elle est totalement assumée par l’auteur.

Un récit horriblement joyeux

Dirty Sexy Valley, c’est l’anti-Baise-moi, l’anti-Despentes et son sexe triste qui nous refroidit les entrailles. Dirty Sexy Valley ne se prend pas au sérieux et c’est pour cela qu’il est jouissif, excitant. Elle est peut-être là, la vraie subversion aujourd’hui.

Ce récit est horriblement joyeux comme Cabin Fever d’Elie Roth, ou les bandes dessinées de la revue « Doggy Bag », car ces histoires caressent nos peurs, elles nous chatouillent juste les doigts de pieds jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus et qu’on finisse par exploser de rire.

J’ai dévoré ce livre avec appétit et avec le même vice que si j’avais bâfré un gros hamburger dégoulinant de sang et de sauce blanche devant le regard médusé d’une vegan donneuse de leçon.

 

 

 

 

 

« Dirty Sexy Valley », d’Olivier Bruneau.
Ed. Le Tripode, 250 pp, 16 €

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